Vous prendrez bien une tasse de thé ?

L'envie de bloguer

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Il était une fois, moi, plus jeune. Il me semble que c'était il y a des siècles, bien que raison et science affirment, de source sûre, que guère plus d'une décennie ne s'est écoulée depuis. À cette époque, on parlait des blogs à la télé. On en disait que c'était une nouvelle mode, que "tout le monde le faisait". Sur France Inter, on définissait ça comme "un journal intime ouvert à tous - et donc pas vraiment intime". On qualifiait ça d'exhibitionnisme. C'était la grande époque des Skyblogs. Un époque de naïveté toute relative du Web.

Comme chaque fois que j'entends parler de quelque chose de neuf, je m'étais sévèrement méfiée de ce concept nébuleux, qui me paraissait surtout contradictoire - mais si ils méprisaient le concept sur France Inter, c'est que ça ne pouvait pas être si mal, si ? Pour moi, à l'époque, les intervenants de France Inter - que j'entendais malgré moi ; si seulement j'avais pu leur fermer le clapet ! - n'étaient rien d'autre que de vieux manches étrangers au monde réel. Présentement, je ne me prononcerais pas sur le sujet, parce que je n'ai plus à les entendre, et, dans ces conditions, ils peuvent bien dire ce qu'ils veulent.

Toujours est-il qu'après avoir freiné des quatre fers en adepte notable du journal intime intime, je me suis intéressée à cela de plus près. J'ai fureté à droite, à gauche - pas des masses, parce qu'on en était encore à l'époque où brancher Internet coupait la ligne téléphonique. Et j'en suis finalement arrivée à la conclusion qu'un blog, ce n'était rien d'autre que ce qu'on en faisait - plutôt rassurant quant à mes capacités cognitives, pas vrai ? Je ressentais une certaine frustration avec mon journal intime intime, parce qu'il me semblait que ne pouvait tenir là que mes récits de vie, insignifiants, ennuyeux, sans profondeur. La lecture du Journal d'Anne Frank m'avait fait donner à mon propre journal une forme similaire au sien - je simulais une relation épistolaire avec un ami imaginaire - et rien ne semblait pouvoir entrer dans ces pages qui ne convienne à l'échange entre deux personnes. Sans compter le format physique du machin qui, commencé dans ma tendre adolescence, était toujours aussi rose de pages qu'à ses débuts, toujours aussi sûrement fermé par son petit cadenas. Une bonne chose, ce cadenas ; il aura sans doute évité à la fouine domestique de mettre son grand nez dans mes petites affaires. N'empêche, il représentait une forme de gêne, à force. Oserais-je aujourd'hui extrapoler sur le sentiment d'enfermement que je ressentais dans ma vie et qu'il matérialisait ?

Le journal intime ne représentait donc qu'une partie de mes expressions personnelles. À cette époque, je me complaisais dans ce mal-être qu'on dit souvent caractéristique du basculement entre adolescence et âge adulte. Ma vie était moche et chiante, et j'avais décidé que tenter de poétiser mes maux était une façon comme une autre d'extérioriser cet état de fait, de me purger de certains démons. J'avais enfin obtenu mon propre ordinateur portable, et j'étais donc passée à l'écriture numérique. J'écrivais souvent, beaucoup. Pas des histoires qu'il aurait pu être possible un jour de donner à lire à quelqu'un. J'écrivais mon mal-être, mes tourments. J'étais souvent prise d'un irrépressible besoin d'écrire, et je me faisais emporter, parfois des heures durant, par un flot de mots qui exigeaient de sortir. Souvent, après avoir vécu une telle "crise", je relisais, hypnotisée, ce que j'avais sorti. Et je me disais qu'il manquait à ce processus d'extériorisation "quelque chose" pour que la catharsis soit complète.

Jusqu'au jour où j'ai décidé d'ouvrir un blog. Un blog tout ce qu'il y avait de plus anonyme, dont j'ai passé des heures et des heures à concevoir la bannière, à essayer de modifier le CSS (à l'aveuglette, car je n'y connaissais ni n'y comprenais rien). Et lorsque le résultat a approché l'acceptable, j'ai commencé à écrire. Je ressentais une satisfaction folle à simplement publier des textes qui autrement seraient restés cloîtrés dans l'absence de lumière de mon disque dur. Mieux encore, il me semble que je n'avais cure d'avoir des lecteurs. Je n'ai jamais eu un seul commentaire sur mes textes, mais cela m'indifférait. Le cycle était complet : je disais au monde mon individualité et mon mal être, et je m'en trouvais partiellement soulagée. Que ce soit cet anonymat absolu (personne de mon entourage ne savait que j'avais un blog) ou cette période de ma vie qui y était propice, je me sentais en tout cas extrêmement libre dans ce que j'écrivais et publiais. C'était un réel moteur. J'en ai même commencé à écrire des bribes d'histoires, à m'essayer à la prose en anglais. Bref, j'expérimentais.

Cette période de ma vie a sans aucun doute été la plus prolifique artistiquement parlant. Je me sentais nulle, mais j'essayais quand même. Pas parce que je raisonnais sur le fait que ne pas faire ne pourrais jamais me permettre de progresser, mais parce que je ressentais le besoin impérieux de créer, et la satisfaction d'avoir créé. C'était enivrant. Je ne dirais pas satisfaisant, parce que je n'étais guère satisfaite des résultats obtenus - jamais assez proches de la perfection, que je n'atteindrais jamais - mais enivrant, certainement. J'étais prise par des sortes de "transes créatrices" qui pouvaient me garder des heures durant sur un sujet sans réaliser que le temps passais.

Pourquoi je te raconte tout ça ?

Cela fait longtemps, maintenant, que j'ai cessé de me préoccuper de ce blog, qui a disparu de la circulation depuis, et tout aussi longtemps que j'ai cessé de me sentir libre de créer, tout, n'importe quoi, tout simplement de m'exprimer. Je ne ressens plus ces bouffées empressées de créativité, qui me portaient alors. Je ne ressens plus qu'une terne et vague envie d'avoir créé, mais pas le courage ou la force, ou la passion de le faire. Je me sens vide et triste de cette perte, depuis trop longtemps déjà. Et je réfléchis aux causes de cette extinction. Je retourne le problème dans tous les sens. Mais je ne trouve pas la moindre trace de début d'indice. Seulement de multiples pistes qui ne m'avancent pas beaucoup. La "(non-)vie professionnelle" ? L'âge ? Le cadre ? Des suppositions. Je n'ai aucune idée du pourquoi. J'en suis très chagrinée, parce que j'aimais mieux avoir envie de créer. J'aimais mieux me laisser porter par "l'inspiration". Et ce manque flagrant de souffle grève aussi mon envie de bloguer. Parce que je ne sais plus que dire, ici. Les critiques, même si je compte les continuer, me lassent comme activité unique - d'autant que je suis plutôt mauvaise dans l'exercice. Mais que pourrais-je donc te raconter qui ne soit ennuyeux ni pour moi, ni pour toi ? Que tu n'aurais pas déjà lu mille fois ailleurs ? Qui ne soit pas sans queue ni tête ?

Il paraît que c'est un complexe lié au double chromosome X : les femmes se sentent souvent en manque de légitimité dans ce qu'elles font (alors que les XY, à qui il manque vraisemblablement le bon morceau, s'en foutent totalement). Société patriarcale oblige, évidemment. Lorsque je lis certains blogs, je reste béate d'admiration devant la qualité des textes, que ce soit sur le fond ou dans la forme. Je me dis, invariablement, que "je ne pourrais jamais faire au moins aussi bien". Pas l'expérience, pas les neurones, pas le feeling. Je trouve que ce que je fais, ça craint. Que je raisonne en quinconce (oui, en quinconce !). Je n'ai sans doute que peu d'esprit, pas beaucoup plus de culture, et j'ai souvent (toujours ?) honte de ce que je dis, écris, pense. Cela justifierait-il que je me prive de cet espace d'expression ? De cette opportunité ?

Lorsque je me suis lancée dans Tales of Tea, je voulais renouer avec mes vieilles habitudes d'écriture. Je voulais écrire, créer. Force est de constater que le résultat n'est, pour l'instant, pas celui escompté. À vouloir trop se borner (ici, à la littérature), on finit par ne plus rien faire. Peut-être alors est-il temps pour moi de cesser de me limiter. De parler de tout et de rien. D'accepter, au besoin, de parler aussi de moi - même si je m'étais refusé tout net et dès le départ les écarts sur le personnel, le privé, l'intime. Je ne peux pas sensément espérer prendre du plaisir à créer sur un blog qui resterait totalement anonyme dans son fond ; ce ne serait pas moi, ce serait creux, et assurément sans intérêt.

Le temps qui passe n'endurcit pas toujours ; parfois, il rend plus vulnérable aux agressions potentielles depuis le monde extérieur. Et pour s'éviter les palpitations occasionnées par un commentaire acerbe, on s'évite alors d'exister. C'est peut-être ma prochaine leçon : apprendre à être malgré la certitude de l'adversité, sans se laisser par elle emporter. Arrêter de se cacher.

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La joueuse de go : stratégie, sexe et déceptions

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4ème de couverture

Depuis 1931, le dernier empereur de Chine règne sans pouvoir sur la Mandchourie occupée par l'armée japonaise. Alors que l'aristocratie tente d'oublier dans de vaines distractions la guerre et ses cruautés, une lycéenne de seize ans joue au go. Place des Mille Vents, ses mains infaillibles manipulent les pions. Mélancolique mais fiévreuse, elle rêve d'un autre destin. " Le bonheur est un combat d'encerclement. " Sur le damier, elle bat tous ses prétendants. Mais la joueuse ignore encore son adversaire de demain : un officier japonais dur comme le métal, à peine plus âgé qu'elle, dévoué à l'utopie impérialiste. Ils s'affrontent, ils s'aiment, sans un geste, jusqu'au bout, tandis que la Chine vacille sous les coups de l'envahisseur qui tue, pille, torture.

Ce que j'en pense

Tout d'abord, permets-moi de te dire que la personne qui a rédigé le quatrième de couverture l'a fait sous l'emprise de l'alcool, de stupéfiants, ou des deux. Quatrième possibilité, cette personne n'a pas lu le roman.

Lorsque j'ai terminé La joueuse de go, j'ai mis tout une soirée à digérer, voire une partie de la journée du lendemain. Une histoire belle et terrible, qui laisse sa trace.

La joueuse de go est un court roman (326 pages en poche), structuré en très courts chapitres, faisant pour les plus longs environ quatre pages.

J'ai trouvé cette alternance très rapide de chapitres extrêmement courts particulièrement agréable, passant de l'un à l'autre point de vue - celui de la joueuse de go, celui du soldat japonais - , avec cette narration à la première personne et au présent qui donne la sensation de lire un journal qu'on dicterait au fil du temps, au fil des pensées. C'est très immersif, et très léger. Shan Sa va à l'essentiel, et elle capture admirablement les points cruciaux du récit. Seulement des détails utiles, très peu de description, très peu de dialogues, on est surtout ancré dans les faits, dans les pensées des personnages. La langue est simple sans être pauvre. Chaque point de vue est rendu dans la tournure même du texte. J'ai trouvé qu'aux chapitres de la joueuse s'attachaient beaucoup de couleurs, tandis que ceux du soldat ne m'évoquaient rien d'autre que le blanc de la neige Mandchoue et le noir de la nuit.

Pour moi, l'histoire comprend deux parties : le déroulement des événements en Mandchourie sous l'occupation japonaise, et la "conclusion" en pleine guerre ouverte. Toute cette "première partie", j'ai été particulièrement marquée par la délicatesse et la légèreté avec laquelle l'autrice traite notamment la découverte de la sexualité (et tout ce qui en découle, sans mauvais jeu de mots) par son personnage principal. C'est doux, c'est touchant, loin de beaucoup de textes clichés qui font de ce moment un moment froid ou angoissant - ou, au contraire, un moment hyper-romantique. Pour la joueuse, c'est un moment de curiosité, de découverte, et de complicité.

Chez Jing, les lilas nous soûlent de leur parfum. Min m'attend dans le lit. Il s'est aspergé de l'eau du puits de la tête aux pieds. Il est glacé comme un galet tout juste tiré du fleuve. Je me jette sur lui. Ma peau brûlante fume presque au contact de la sienne.
Au fur et à mesure que je découvre le corps de Min, centimètre par centimètre, il devient une terre infinie. Je l'explore, j'écoute le soupir de sa peau, je lis la carte de ses veines. Nous inventons des jeux subtils. Avec le bout de ma langue, je dessine des caractères sur sa poitrine pour qu'il les devine. [...]

Le triangle amoureux qui se forme est également intéressant ; loin d'être gnangnan, ça reste quelque chose de subtil.

La vie du soldat japonais, par contre, était en parfaite opposition ; cet homme regroupe à peu près tous les traits de caractère les plus détestables qu'on imagine fort bien pouvoir donner à un soldat japonais (il convient ici de garder en mémoire que l'autrice est chinoise ; vous avez dit parti pris ?) : la croyance dans la supériorité de la race nippone, l'amour aveugle de la patrie, le respect sans questionnement des règles et traditions de son pays, un mépris à peine voilé pour la gent féminine - hormis sa mère, bien entendu -, et cette idolâtrie de la mort et de l'honneur, qui revient si souvent dans les œuvres qui traitent du Japon (l'honneur étant évidemment une sorte de tiroir-poubelle dans lequel on met tout et n'importe quoi, surtout ce qui arrange ; pas de déshonneur à violer, torturer, piller etc.). Si je me suis attachée sans difficulté à cette petite joueuse de go rebelle et clairvoyante, impossible de ressentir la moindre once de compassion à l'égard de ce japonais si préoccupé de lui-même et de ses considérations surannées. J'ai toutefois trouvé très touchante et poétique cette histoire qui les lie, et bouleversante cette fin tragique, ce terrible dénouement. Cette dernière page où, enfin, on apprend le nom de la joueuse de go.

La joueuse de go raconte à merveille la vie de femmes, de femmes très différentes, d'âges divers, avec ou sans liens entre elles. Qu'on croise les personnages seulement le temps de quelques lignes ou qu'on les côtoie durant tout le récit, on ne peut que ressentir beaucoup de compassion pour leurs conditions, que ce soit dans le contexte de leur vie normale (la désastreuse vie de couple de la sœur de la joueuse, le passage sur les geishas, ou encore le sombre destin de Huong, l'amie de la joueuse), dans un contexte d'occupation (en Chine par les japonais) et dans un contexte de guerre ouverte.

Lassée que j'étais de lire des livres mettant en scène des personnages féminins qui ne me parlaient pas le moins du monde, je suis très heureuse d'avoir pu cheminer aux côtés de la joueuse de go, cette "petite fille" qui devient grande, qui se débat avec tant de carcans, et qui joue jusqu'au bout. Être une femme, c'est tout sauf un cadeau ; et Shan Sa le dit très bien.


Un très beau livre, à mettre entre toutes les mains.


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Le coup de pompe de fin de décennie

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Dernièrement, je n'ai plus très envie de lire. Par "dernièrement", j'entends une période de temps à géométrie variable, pendant laquelle j'ai été soumise à divers états d'esprits et pressions, dans des conditions très variables. Pour tout te dire, "dernièrement" n'a pas été une période des plus détendues et joyeuses que j'ai connues - loin d'être parmi les pires malgré tout. Normal, sans doute, de prendre moins de plaisir à la lecture. Ou au contraire, d'autant plus étrange, si l'on considère la lecture comme un moyen d'évasion. Mais la lecture est-elle toujours un moyen d'évasion ?

Je constate que la reprise de lecture (et le besoin d'évasion) qui m'a poussée à commencer ce blog a été, tout du long, l'occasion de mesurer des changements dans mes habitudes, mes attentes et mes perceptions en tant que lectrice. Avant de me lancer dans Tales of Tea, j'ai connu une période de grand vide littéraire ; pas le temps (mais j'ai fini par le prendre de force et faire les sacrifices qui s'imposaient), pas l'envie, et beaucoup de choses en tête. J'en étais restée à des lectures essentiellement d'ordre "fantasyste" ; ç'a été mon dada, après la science-fiction. Mais je suppose que si j'ai délaissé ces lectures, c'est que je m'en suis finalement lassée. Et c'est probablement vrai, car je me rappelle bien l'ennui qui me prenait lorsque je scrutais les titres de mes rayonnages préférés : c'étaient toujours les mêmes variations, à base de roi de ceci, prophétie de cela, élu de machin, ou planète bidule. Des titres si plats que je n'avais même pas envie de lire le quatrième de couverture. Alors, je suis sans doute passée à côté de pas mal de bonnes choses, car mes bouquins préférés n'avaient pas forcément des titres si originaux que ça (par exemple : Les Annales de la Compagnie Noire ; une saga formidable, mais des titres passe-partout), mais vraiment, l'ennui noyait toute curiosité. Je crois que malgré tout, à l'époque, j'étais rarement déçue de mes lectures. J'avais alors un réel besoin d'évasion, et aucune autre possibilité que la lecture pour procéder. Mais depuis cette époque chaque jour plus lointaine, mes moyens d'évasion se sont démultipliés. Mon kilométrage-lecture aussi. Et je suis de plus en plus souvent déçue ou ennuyée par ce que je lis.

Ça me rend triste, sincèrement, parce que la lecture a été - et reste, quoi que j'en dise - longtemps la seule sorte de religion à laquelle je trouvais du sens ; cultiver sa maîtrise de la langue, explorer de nouveaux mondes, de nouveaux points de vue, faire de nouvelles rencontres. C'était une sortie de secours, un pas de côté qui me permettait de revenir au monde réel dans d'un peu meilleures dispositions. Toutefois, je le sens bien, lire ne me passionne plus tant. J'aime toujours autant avoir un livre entre les mains, sentir ses feuillets sous mes doigts, percevoir son léger parfum, le chuchotement des pages qui me disent leurs secrets. Mais j'ai de moins en moins cette impulsion de la lecture (de fiction). Et je m'interroge beaucoup sur cette sorte de désamour qui semble gagner du terrain. Est-ce "l'âge" ? L'expérience de lectrice ? J'ai de plus en plus souvent la sensation de ne rien découvrir de vraiment palpitant. Est-ce que je deviens difficile ? Est-ce ma situation actuelle qui n'est pas appropriée ? Est-ce que j'ai passé trop de temps à lire des articles/des posts sur les livres, au point d'en faire une sorte d'indigestion ?

Curieusement (ou pas), je vis à peu près la même chose avec la musique. Après une période à me doper de musique du matin au soir, partout, tout le temps, écouter de la musique ne m'apporte plus le même élan. Je n'éprouve plus le plaisir d'antan à écouter des titres que j'avais adoré, et je ne ressens plus aucune curiosité à ce sujet là. J'ai l'impression d'avoir tout écouté, tout entendu, que plus rien ne peut plus ni me surprendre, ni me charmer. Je me suis overdosée.

Ou alors, peut-être tout simplement suis-je lassée des choses si semblables qui me tombent sous la main. C'est une tendance naturelle que j'ai, la lassitude. Mais je n'avais jamais rien connu de tel jusqu'à présent. Pas concernant des activités aussi profondément ancrées dans ce que je considère comme les fondements des loisirs. Et pourtant. J'en ai marre de lire toujours les mêmes histoires caricaturales des gentils contre les méchants. J'en ai assez de lire des complots, des explosions, des sortilèges, la fin du monde, le sauvetage du monde... Mais surtout, surtout, j'en ai marre de lire des histoires racontées de la même façon. Parce que finalement, quel que soit le contenu du texte (qui n'est pas fondamentalement varié, puisque tout a déjà été fait), c'est toujours la même voix qui raconte. C'est toujours la même culture qui pèse sur les épaules des personnages. Toujours les mêmes travers de la société que l'on critique. Je suis fatiguée de lire la même rengaine.

En fait, je crois que j'ai envie de lire des choses tout à fait différentes. J'ai envie de lire des histoires écrites par des femmes, par des non-occidentaux, des non-blancs, des non-hétéro, des non-formatés. J'ai envie de lire des choses qui me font voyager, qui me font découvrir, qui me font rencontrer. Envie de livres qui font grandir.


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Ces blogs que j'aime bien

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i Un truc qui est chouette avec le Web, c'est qu'on peut donner son avis sur à peu près tout ce que l'on souhaite, sans avoir l'air relou à couper la parole à tort et à travers à tous ceux qu'on rencontre pour leur vanter les mérites de ce qu'on aime. Parce que c'est un fait : balancer à ses amis/proches/connaissances à chaque rencontre la liste des nouvelles choses chouettes qu'on a découvertes, ça peut très vite amener à ne plus avoir d'amis/proches/connaissances à bassiner - quelque soit le sujet. Ici, au mieux on intéresse quelqu'un, qui nous lira jusqu'au bout, au pire, on n'intéresse personne, et tout le monde est peinard.

L'une des bonnes choses que je retire de la première année d'existence de Tales of Tea, c'est la rencontre de nouvelles personnes par blogs interposés (ou en chair et en os), que ce soit au sujet de lecture, d'écriture ou de tout autre chose. La découverte de plumes plus ou moins acérées, souvent bien ciselées, d'esprits bienveillants et abondants. Le Web a quelque chose de desséché si l'on s'en tient à ses autoroutes, mais ses petites départementales continuent d'avoir du charme, d'autant plus qu'on vient de s'extraire des embouteillages du périph' (ah, cette sublime métaphore signée inspiration...).

Tout ça pour dire que j'avais envie - j'ai toujours envie, mis à part la honte irrépressible qui me prend en lisant ma pitoyable prose... voilà pourquoi je mets toujours des semaines à publier un billet ! - de parler ici, dans ce petit salon cosy, des bouts de Web que j'aime bien et où il fait bon traîner ses savates les jours pluvieux (ou pas, d'ailleurs, et les jours de règles douloureuses, ça marche aussi). Ci-après donc, une succincte présentation des bouts de Web en question, et de ce qui m'y plaît.

Il faut un ordre, mais il n'a rien à voir avec une quelconque préférence ; c'est tout à fait arbitraire. Et la liste n'est pas exhaustive ; je l'allongerais au fur et à mesure, au besoin.


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Le Cynozophrène Mural

Ah, le Cynozophrène Mural ! Rien que le nom, déjà tout un programme. Je dois te dire qu'avant toute chose, c'est du nom de ce blog que je suis tombée amoureuse. Vraiment. Il avait - a toujours - cette dimension Claude Pontiesque qui ne cesse de me ravir chaque fois que je la décèle quelque part. La création à l'état pur. Et il en va de même pour les textes d'Eriic ; ses billets de blogs m'ont parfois fait rire à gorge déployée, souvent fait sourire, en tout cas toujours fait plaisir. On a là quelque chose d'original, à mon sens. Cette originalité de la forme est quelque chose que j'apprécie beaucoup, que ce soit pour traiter de sujets de fond ou de thèmes plus légers.
Quant au personnage derrière ce nom de blog farfelu, j'ai eu l'occasion de le rencontrer - et c'est ainsi que j'ai découvert son blog - lors d'une soirée d'écriture du NaNoWriMo. Il ne faisait pas partie du troupeau ; lui, c'était le rôdeur solitaire de l'Auberge du Poney Fringant, celui qui observe, le sourire narquois au coin de l’œil en plus. Chaque fois que j'évoque son souvenir, cette image me donne à penser que j'ai rencontré un Sénèque ou un Platon - le genre très digne et placide, visuellement, mais qui n'en pense pas moins.
En plus de son blog, Eriic a également écrit des recueils de textes plus ou moins longs - les textes, mais les recueils aussi. J'en ai lu deux, que j'ai critiqués sur Tales of Tea. C'était un vrai plaisir de lire ces textes, pour certains drôles à en pleurer (et pourtant, je n'avais même pas bu - pas d'alcool en tout cas), pour d'autres, très émouvants.


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Dame Ambre

Il me semble que c'était le tout début de mon aventure bloguesque, quand j'ai rencontré les pixels de Dame Ambre. A cause du NaNoWriMo peut-être. Sûrement. Via Twitter, c'est une certitude. Finalement, participer à cet événement a eu plus de retombées positives que je ne l'aurais cru.
Dame Ambre, c'est avant tout une plume - parce que je ne la connais pas autrement que par blog interposé. Une très belle plume, erratique, poétique. Une plume qui donne du sens par les sons et l'ordre - ou le désordre. La lire me rend toujours un peu rêveuse, même - surtout - lorsqu'elle parle de choses très simples, de choses de la vie qu'on ne penserait pas pouvoir voir sublimées. Chaque fois, je me sens inspirée comme par une bourrasque d'air vif du grand large, et je me sens des ailes pousser au stylo ; ça ne dure que le temps de le saisir, bien sûr, mais en soi, c'est un sentiment délicieux, l'inspiration.
Dame Ambre aborde de nombreux sujets sur son blog, de l'écriture à l'école à la maison avec ses enfants en passant par sa maladie. Je suppose que comme pour tout, on aime ou on n'aime pas. Moi, j'adore.


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Thierry Crouzet

Auteur et penseur, Thierry est remarquablement prolifique en termes d'écriture. Je n'ai pas encore eu l'heur de lire ses romans et essais (qui sont encore et toujours sur liste d'attente...), mais je suis abonnée à sa newsletter, au travers de laquelle il partage son journal (qu'on peut également retrouver, pour l'instant, directement sur son blog), aux entrées plus ou moins courtes, illustrées de photos. Je crois bien que c'est le seul blog à la newsletter duquel je reste abonnée ; recevoir chaque mois le journal de Thierry est toujours un vrai plaisir. Plaisir du partage de moments heureux vécus ailleurs, plaisir du voyage dans une autre vie, plaisir aussi de s'imprégner de ses ébauches de réflexions sur des sujets variés - réflexions en général largement approfondies dans des billets très bien construits, honnêtes et, à mon humble avis, intelligents. C'est un personnage que j'aurais grand plaisir à rencontrer en chair et en os, quoi que je ne me sente absolument pas de taille à tenir une conversation avec lui ; je me verrais bien, plutôt, comme lorsque, petite fille, j'écoutais les conversations des grands.
Thierry réfléchit beaucoup, et innove pas mal en termes d'écriture. Pour qui s'intéresse à l'écriture, je pense que son blog est un incontournable. Pour qui aime se remuer la matière grise aussi.


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Page 42

Neil Jomunsi, blogueur relativement actif dans l'année où je l'ai suivi, partage pas mal de réflexions sur l'écriture, sur l'écosystème socio-économique autour de l'écriture, mais aussi sur le monde comme il va. Comme Thierry Crouzet, Neil expérimente beaucoup ; on lui "doit" le projet Bradbury (un défi visant à écrire une nouvelle par semaine pendant un an) qui a été repris par de nombreux écrivants, le reportage sur la secte de Cthulhu, la série audio du Gobbledygook, la série littéraire Jésus contre Hitler (que je n'ai pas lue, mais dont j'adore le titre et le pitch). Il est également derrière une partie des Éditions Walrus.
Dernièrement, Neil s'est recentré sur le cinéma. Mais il a produit une telle quantité de billets sur l'écriture que, si c'est là le seul sujet qui t'intéresse, tu ne perdras pas ton temps à aller te perdre dans les méandres de Page 42.


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Ciel d'Orage

C'est encore le NaNo qui a mis Violette de Ciel d'Orage sur mon flux rss. Nous nous sommes croisées deux fois (l'une à la Kick-Off - dans son déguisement de page blanche -, l'autre lors d'une soirée d'écriture). Malheureusement, le temps manque toujours dans ces moments pour faire ce que l'on avait décidé de faire (écrire) et discuter avec les gens intéressants qu'on aimerait mieux connaître (sans les détourner de la raison pour laquelle ils étaient venus, à savoir : écrire), et l'occasion ne s'est pas présentée pour nous d'échanger. Qu'à cela ne tienne, j'ai malgré tout le plaisir de lire ses billets lorsqu'ils sont mûrs pour la cueillette, et eu le privilège de gagner une superbe carte-histoire de sa main délicate écrite, à l'occasion d'un concours organisé sur Ciel d'Orage.
Violette parle quasi exclusivement d'écriture sur Ciel d'Orage (je dis quasi car je ne peux pas me vanter d'avoir lu l'intégralité de ses publications), de son écriture, de son organisation, de ses projets, de leur avancée, et cela a quelque chose de vraiment intéressant que de plonger dans sa vie d'écriture, de lire ses doutes et ses succès. Ç'a le charme mystique de la lecture du journal d'autrui - j'imagine qu'on a tous un côté voyeur plus ou moins poétisé en fin de compte.

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Si tu as de bonnes adresses à partager, c'est le moment ou jamais ! :-)

Sanctum Corpus : l'enfer est pavé de bonnes inVentions

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4ème de couverture

Il y eut la guerre.

Les hommes étaient allés trop loin dans leur maîtrise du vivant : eugénisme, banque d’organes, immortalité. Scandalisé de n’être qu’une matière première génétique à exploiter, le tiers-monde finit par se révolter. Une société standardisée émergea, plus juste et régulée par des intelligences artificielles, mais lorsque des vagabonds extra-terrestres s’échouèrent sur Terre, il n’y eut d’alternative à l’extermination que d’incinérer le monde.

Bien des années plus tard, Viktor est un scientifique de Gamma, une cité-îlot au cœur des terres brûlées. Au cours d’une attaque des envahisseurs, il est subitement arraché à sa vie médiocre et routinière. En compagnie de Fathya, une marginale aveugle, il dévoilera les plus sombres secrets de sa ville et de son inaccessible dirigeant.

Mon avis

Sam adore la science-fiction. Du coup, je lui avais offert un exemplaire du Sanctum Corpus d'Olivier Saraja - dédicacé, s'il vous plaît ! - sans me méfier le moins du monde ; après tout, j'avais pris un super pied avec Zombie Kebab (je saiiiiis, j'en parle tout le temps, mais que veux-tu, quand c'est bon...), comment Sanctum Corpus aurait-il pu être décevant ? Sam a été ravi de ce cadeau (en tout cas, c'est ainsi que je l'ai pris), et il l'a englouti. Rasée par mes dernières lectures beaucoup trop longues pour mon humeur du moment, je me suis dit qu'il était temps de voir si nos sentiments au sujet de cette novella concordaient - je lui ai donc piqué son exemplaire, car je suis une femme de mauvaise vie. En plus, j'ai recommencé à jouer à X-COM dernièrement, alors cette lecture tombait à pic, ça restait dans le ton.

Sanctum Corpus est un texte assez court : 154 pages bien aérées en caractères de bonne taille (à vue de nez, je dirais l'équivalent du 12 de Times New Roman), voilà qui a reposé mes yeux fatigués. J'ai investi dans l'édition papier, bien entendu, et l'objet est plaisant ; cet ouvrage est le premier imprimé par lulu.com que je rencontre sensoriellement parlant, et, très honnêtement, le résultat est très propre. Sans parler de l'illustration de couverture, très chouette elle aussi. Bref, visuellement, le Sanctum Corpus d'Olivier Saraja est une réussite.

Pour ce qui est du texte, on retrouve là le style sobre mais soigné d'Olivier, dont je t'ai déjà parlé lors de la critique de ses autres œuvres. Il y a là-dedans juste ce qu'il faut de descriptions pour donner à voir au lecteur l'ambiance, les paysages, sans pour autant brider son imagination. Il en va de même pour les personnages, que chacun pourra voir à travers sa propre lorgnette. Le texte reste focalisé sur l'utile, le nécessaire. Il ne se refuse pas les fioritures, mais s'en tient au minimum, ce qui s'assortit très bien avec le contenu - il ne s'agit pas d'un récit baroque.

Quant au récit en lui-même, j'y ai pris du plaisir. J'ai arpenté avec Viktor les rues déprimantes de Gamma, j'ai regardé par-dessus son épaule l'attaque des extra-terrestres, je me suis interrogée avec lui sur les alternatives qui s'offraient à lui une fois déconnecté de l'Intelligence... J'ai même ressenti, au début, l'omniprésence oppressante de cette Intelligence, ainsi que cet insidieux appétit pour la facilité qu'elle utilise pour masquer son action vampirique sur l'individualité, la réalité des habitants de la grande cité. Sanctum Corpus est un récit plus que jamais d'actualité - petit "clin d’œil en abyme" au "musée" de la confrontation finale -, qui trouve tout à fait sa place dans le contexte socio-politico-économique actuel. Et la projection que fait Olivier à partir de ce constat de dépendance grandissante aux "technologies de l'information" est aussi réaliste qu'effrayante. Je n'en dis pas plus.

Là-dedans, les personnages sont relativement bien développés (compte-tenu de la longueur du récit), cohérents, intéressants. J'en suis même venue à m'attacher un peu, et l'épilogue m'aurait presque arraché une larmichette - mais c'est quand même tellement agréable, un récit qui ne se termine pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, que j'ai su résister.

Conclusion

Sanctum Corpus est un bon bouquin, qui se lit vite et s'avère entraînant. Je ne peux que te recommander de te lancer dans l'aventure !

Le petit plus, il me semble intéressant de le préciser, c'est que tu peux l'acheter en direct à l'auteur, lui demander une dédicace, et recevoir en plus le texte au format epub, gratuitement. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais en ce qui me concerne, je trouve ça classe - et super cool de pouvoir donner des sous directement à l'auteur plutôt qu'à des intermédiaires pas toujours méritants.


Plus d'Olivier Saraja :
L'appétit des ombres - Spores ! - Zombie Kebab


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Cette critique t'a-t-elle donné envie de lire Sanctum Corpus ? Qu'en as-tu pensé ? Dis-moi tout !

Épidémies, aliens et abordages - En vrac : mes dernières lectures

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Il semblerait que je ne sois pas en mesure de rédiger une critique séparée pour chacune de mes dernières lectures. Pas que je n'en aie pas le temps. C'est plutôt l'envie qui me manque. Cela dit, pour que tu ne sois pas en reste et afin que tu puisses bénéficier d'un avis sur les lectures en question, je m'en vais te faire un petit billet rapide (que j'aurais quand même mis trois semaines à poster !).

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Toxic [Intégrale Saison 1], Stéphane Desienne

4ème de couverture

La race humaine tente vaille que vaille de survivre au sein de poches de résistance dispersées. La Terre n'est plus qu'un vaste champ de ruines aux ressources de plus en plus rares. Pour en arriver à un tel cauchemar, notre monde aura dû affronter deux fléaux: un virus inconnu et dévastateur a d'abord décimé la population — la transformant en hordes de zombies — puis débarquèrent des étoiles ceux qui auraient pu être les sauveurs : une armada extra-terrestre. Hélas, pour ces aliens, les hommes ne sont que du bétail dont la chair est un mets des plus appréciés outre-espace... à condition qu'ils ne soient pas contaminés! Car transformés en morts-vivants, les humains n'ont plus aucune valeur. Depuis son Q.G. de Dubaï, Naakrit dirige les opérations qui feront de lui un alien riche : collecter des humains sains et en gérer l'exportation pour ses clients. Mais avant d'amasser sa fortune, il devra composer avec deux problèmes épineux: Jave, un émissaire venu surveiller son activité, et la prolifération du virus zombie qui menace ses capacités d'approvisionnement. Pendant ce temps, un groupe d'humains cherche à échapper aux zombies et aux extraterrestres. Bien malgré elle, Elaine, une infirmière au caractère bien trempée, endosse le rôle de meneur. Autour d'elle, des hommes et des femmes perdus dans un monde sans repère: Masters est un colonel de l'armée US, Alva une ex-starlette. Bruce est étudiant en biologie, et Hector un ancien dealer colombien tout juste sorti de prison. Et puis, il y a Dew. Un adolescent muet — peut-être autiste — dont personne ne sait rien. Tous sont bien décidés à reprendre le destin de leur planète en mains. Mais quel espoir peut bien guider ceux qui survivent au milieu de cet enfer ?

Mon avis

Lue sur mon smartphone, cette première (sur deux) saison de Toxic est plutôt sympa : la couverture claque, et le pitch promet une revisite du thème de l'invasion zombie. Cette fois-ci, l'humanité est réellement mal barrée, puisqu'en plus de sa population qui se désagrège en loques (encore plus) assoiffées de sang, des aliens viennent faire leur marché d'épicerie fine parmi les humains sains. Les chapitres alternent le point de vue d'un groupe de survivants, et le point de vue "des aliens". Le récit est très dynamique et notre ami Stéphane joue plutôt bien du "cliffhanger". En outre, les événements sont parfois inattendus, souvent surprenants dans leur déroulement. Bref, on n'a pas le temps de s'ennuyer !

J'ai malgré tout noté plusieurs points qui m'ont pas mal chagrinée.

  • il y a pas mal de coquilles. Je n'avais lu chez Walrus que Zombie Kebab, pour lequel je n'ai pas souvenir de m'être fait une telle remarque. Alors, c'est vrai, l'intégrale de la première saison de Toxic, ça fait un gros paquet de mots, et ça arrive de laisser filtrer de petites erreurs. Mais là, ça a été suffisamment fréquent (pas toutes les pages non plus hein) pour que j'en vienne à le noter ici.
  • l'action concernant le groupe de survivants se passe aux États-Unis. Et franchement, j'en ai ras-le-bol de cette manie de tout faire se produire aux États-Unis, comme si le cinéma américain qui nous abreuve en permanence de ses déchets audiovisuels n'était pas déjà suffisamment auto-centré, il faut encore que le reste du monde en fasse de même ! Pourtant, comme en témoigne la nouvelle bonus de fin d'intégrale, Stéphane est capable de nous pondre des histoires de zombie "bien de chez nous" - ne va pas croire que je suis chauvine ; mais l'originalité d'un récit et le plaisir qu'on prend à le découvrir tient AUSSI au lieu dans lequel le décor est planté. Note que le récit côté aliens est plutôt focalisé sur l'Afrique (ça, c'est chouette), mais bon. Y'a quand même les States dans l'équation.
  • c'est peut-être une volonté de l'auteur, mais le personnage "principal" du groupe de survivants, Elaine, est (pour moi) insupportable. Ce personnage, de mon point de vue, c'est la quintessence de ce qui rend un personnage féminin cliché : fille d'un militaire qui a tout sacrifié à son boulot, la nana sait "tout faire" (utiliser un flingue, piloter un hors-bord...), elle est infirmière (donc, forcément, elle veut sauver tout le monde. Ce qui amène à des situations inconcevables dans la vraie vie réelle, où elle met en danger tout le monde juste pour satisfaire ses pulsions de Wonder Woman), et, bien entendu, comme toute femme de bien dans un récit de fin du monde, elle se laisse très volontiers aller à ses moments maman-poule. Eh oui, Elaine, c'est une vraie Américaine gentille ! Personnellement, les personnages qui ont tellement envie de sauver tout le monde que ça les rend stupides, ça m'agace (parce que, très sincèrement, en vrai, ça ferait longtemps qu'elle se serait pris une balle dans la nuque pour avoir mis les autres en danger), et les moments maman-poule qui sont laissés à l'exclusivité d'une femme, ça me gonfle pas mal aussi. Pourquoi ne pas donner ce rôle à un homme, pour changer ?

À propos de la nouvelle bonus, Monaztère

La nouvelle de fin était plutôt chouette. J'ai vraiment aimé le réalisme avec lequel l'ambiance/les conditions de vie des survivants était dépeinte (clin d’œil au passage aux toilettes du début - un passage indispensable, et aussi génial que Nicole Kidman sur le trône dans Eyes Wide Shut !), la dynamique de groupe bien établie, la complicité entre les personnages, et le fait que ça se passe en France. Stéphane a vraiment réussi à faire quelque chose de super là-dessus. Deux choses m'ont agacée toutefois :

  • le postulat de départ de l'histoire ne tient, à mon sens, pas la route (c'est le cas de le dire) ; quand tu vis dans un monde infesté de zombies, tu ne mets pas ton camion dans le fossé pour éviter ce que tu prends pour un gamin debout au milieu de la route. Tu lui roules dessus, parce que tu n'as aucune certitude, et que tu as envie de vivre.
  • l'héroïne, Samira, a le syndrome d'Elaine : la Wonder Woman qui veut sauver tout le monde, même l'ado brise-noix à cause duquel tous ses amis sont morts. Dommage, parce qu'en dehors de ça, le personnage est vraiment très réussi, très vivant. Bref, là-dessus, j'ai été déçue.

Bon, je taille un costard à Stéphane dans mes points noirs, c'est vrai, mais il n'en reste pas moins qu'il ne s'agit que de mon avis - ce n'est donc pas, cher enfant, une vérité universelle ! - et que j'ai malgré tout passé un bon moment de lecture. Il fallait seulement que j'extériorise tout ça - on sait jamais, ça pourrait servir à quelqu'un.
Sam, de son côté, a tellement adoré la saison 1 qu'il a dare-dare acheté toute la saison 2, qu'il a dévorée en quelques jours.

En bref, tu peux ajouter Toxic dans ta liste de lectures sans sourciller ; c'est une lecture-détente sympa pour qui aime les zombies, les aliens et la fin du monde.

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Tortuga, Valerio Evangelisti

4ème de couverture

En 1685, les jours des pirates regroupés dans la confréfie des Frères de la Côte, aux ordres du roi de France, sont comptés. Louis XIV a fait la paix avec son traditionnel ennemi, l'Espagne, et les attaques des flibustiers des Caraïbes à partir de l'île de la Tortue ne sont plus les bienvenues.

C'est dans ce contexte qu'un ancien jésuite portugais au passé mystérieux, Rogério de Campos, va faire le dur apprentissage de la vie. Sa passion pour une esclave africaine l'entraînera dans une véritable descente aux enfers, au contact d'une société dont il découvrira, non sans une certaine fascination, la barbarie et les codes rigides.

Véritable roman d'aventures bruissant du fracas des abordages et des batailles, Tortuga, dans une tentative pleinement réussie de "déboulonnage" d'un mythe romantique si complaisamment exploité au cinéma comme en littérature, restitue la noirceur de l'âme pirate.

Mon avis

J'ai mis quasiment trois mois à terminer ce bouquin. J'avais eu envie de le lire après visionnage de la vidéo de Guimause qui en parlait. Je ne sais pas si je l'ai commencé dans de mauvaises dispositions, en tout cas je n'ai pas accroché.

Tout au long du récit, on suit un ancien Jésuite reconverti en pirate "par la force des choses", ce qui nous donne l'occasion de découvrir de l'intérieur les mœurs de la flibuste. De ce point de vue là, Valerio a fait un travail admirable : on s'immerge sans mal dans l'état d'esprit et la vie de pirate.

Par contre, le style d'écriture m'a semblé tout sauf porteur, presque scolaire. Je me suis permis de supposer qu'il s'agissait des conséquences naturelles de la rédaction d'essais historiques, dont était visiblement coutumier Valerio avant de passer à la littérature fantastique. Comprends-moi bien : ce n'est pas mal écrit, mais ce n'est pas dynamique, c'est mou.

Il m'a semblé, en finissant ce livre, que le personnage de Rogerio (personnage principal) et l'histoire n'étaient en fait qu'un prétexte à écrire sur les pirates. Rogerio est assez dépourvu de substance, et l'histoire... Finalement, je ne sais pas trop s'il y en a une ou pas.

Si tu es fan de pirates, ou que la flibuste t'intéresse d'un point de vue historique, lance-toi donc dans Tortuga. Si tu ne fais partie d'aucune de ces catégories, passe ton chemin - sauf si tu as l'occasion de te le faire prêter, c'est toujours enrichissant.

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Spores !, Olivier Saraja

4ème de couverture

La civilisation s’est effondrée. Pieter et sa fille Enora tentent de survivre dans un monde envahi par une espèce de mousse très invasive, dont les spores représentent un danger mortel. L’irruption d’une femme dans leur vie bouleversera leur quotidien. Vers quel avenir les entraînera-t-elle?

Entre drame humain et fable écologiste, Spores! amène le lecteur dans un monde silencieux et oppressant, sis aux limites de la folie humaine. Pour public averti.

Mon avis

Ça faisait un moment que je l'avais dans les cartons et qu'il fallait que je lise cette nouvelle d'Olivier ; j'ai profité d'une insomnie pour remédier à mes manquements de lectrice.

L'univers de la nouvelle Spores ! est très sombre, très glauque, et dépeint avec force réalisme (je n'ai eu aucun mal à imaginer les paysages) - d'ailleurs, la couverture est vraiment bien conçue.
Les personnages sont bien ficelés, bien travaillés, cohérents.
L'intrigue, quant à elle, m'a plutôt emballée, sans parler de la fin brutale, une nouvelle comme je les aime !

Étant donné que Spores ! est un texte assez court, difficile de vraiment en parler sans tout gâcher. Sache, en tout cas, que cette nouvelle vaut la peine d'être lue !

Plus d'Olivier Saraja :
L'appétit des ombres - Zombie Kebab


En résumé

À lire :
  • Spores !, d'Olivier Saraja, qui est une bonne nouvelle
  • Toxic, de Stéphane Desienne, qui fait une bonne lecture détente.

Éventuellement :
  • Tortuga, de Valerio Evangelisti, si tu aimes la flibuste ou si tu peux l'emprunter, à l'occasion.

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Et toi, que vas-tu ajouter à ta liste de lectures ? As-tu déjà lu certains de ces textes ? Qu'en as-tu pensé ?

Le smartphone, alternative à la liseuse

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Si tu me suis depuis un moment, tu sais qu'après avoir mis un temps certain à adopter ma liseuse - pour manque d'ergonomie, notamment - elle m'a claqué entre les doigts lamentablement au bout de quelques mois seulement d'utilisation. Et que je me suis trouvée, à l'instar de la cigale de La Fontaine, bien dépourvue, alors que je ne pouvais plus lire mes ziboucs fraîchement achetés. Mon moi du passé se désespère d'ores et déjà de la réplique en préparation : ce qui est bien, c'est que puisque j'ai à disposition un smartphone, tout n'est pas perdu pour la lecture de livres virtuels.

Je ne vais pas te mentir - comme d'habitude - : lire sur un smartphone, c'est moins sympa que lire sur une liseuse. Mais il est possible, malgré tout, d'atteindre un confort de lecture acceptable, et ainsi de continuer à dévorer, quoi qu'il arrive, les créations de tes auteurs préférés, quel que soit l'endroit (ça marche même en salle de réunion), plus ou moins discrètement ! Pour cela, rien de plus simple. Il te faut :
  • un filtre matifiant pour ton écran - lire avec les reflets du soleil, tu peux essayer, si tu aimes te faire du mal.
  • une application de filtrage de lumière bleue - indispensable si tu lis en soirée.
  • une application de lecture d'epub, le sujet du jour.

Avant d'entrer dans le vif du sujet (le lecteur d'epub) un petit mot sur les deux premiers ingrédients de la recette du parfait petit smartphone.
  • S'agissant du filtre matifiant, il est indispensable. Un écran qui brille, c'est un argument marketing (y'a pas que les pies qui aiment ce qui brille, la preuve !), mais c'est tout sauf pratique. Sans même mentionner les inévitables et enquiquinantes traces de doigts - et peu ragoûtantes, surtout si tu viens de te mettre le doigt dans les oreilles ; ne nie pas, je t'ai vu ! -, lire sur un écran brillant, c'est impossible. Ok, peut-être pas réellement impossible, mais si tu tentes l'expérience dans un endroit un tant soit peu éclairé, dis adieu à ton acuité visuelle. Tu vas te bousiller les yeux, voire te faire mal à la tête. Ce n'est pas une bonne idée. Surtout qu'un filtre matifiant, c'est pas cher, et ça dure longtemps : pour environ 4€, tu peux avoir deux protections qui vont également protéger ton écran des petites indélicatesses que tu serais tenté de lui faire subir. Non seulement tu verras mieux, tu auras nettement moins de traces de doigts sur ton écran, mais en plus tu accrois la durée de vie dudit écran (et par là-même de ton téléphone). C'est-y pas merveilleux ? Je suis trop sympa, je t'aide aussi à rentabiliser tes grosses dépenses. En ce qui me concerne, (je n'ai pas d'action chez eux et cet article n'est pas sponsorisé, je précise) j'ai opté pour la marque Brotect, et je suis tout à fait satisfaite de leur filtre à l'usage.
  • Quant au filtre de lumière bleue, tu as sans doute déjà entendu parler de l'effet de la lumière bleue sur le sommeil. Qui dit effets sur le sommeil dit aussi répercussions sur la santé (eh oui, je te rappelle que le sommeil c'est un peu comme le passage à l'écurie à chaque tour de piste ; ça permet de changer les pneus, revisser les boulons, refaire le plein...), et comme nous sommes des gens responsables (ce qui n'implique pas forcément d'être chiant comme la mort. Je t'assuuuuure !), nous protégeons nos petits yeux fragiles. Pour les écrans d'ordinateurs, mon meilleur ami en la matière s'appelle f.lux (je pose ça là, sait-on jamais...). Il existe bien une application f.lux sur Android, mais elle ne semble pas vraiment au point. Ce qui est bien, c'est qu'il existe des applications gratuites "concurrentes" pour protéger tes petits yeux fragiles ! La plus fonctionnelle et respectueuse quant aux autorisations demandées que j'ai trouvée s'appelle Twilight (oui, oui, comme les livres... *gros soupir*) ; je ne peux que te la recommander. Elle est relativement flexible en version gratuite (sans pub), les fonctionnalités les plus importantes étant personnalisables.

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Les droits demandés par Twilight et les paramètres principaux


Le coeur du sujet maintenant : l'application de lecture. Il y en existe une quantité impressionnante. Pas toujours facile de faire le tri dans tout ça. Pour l'instant, l'application qui a retenu mon attention et dont je te parle aujourd'hui, c'est FBReader. Rien à voir avec Facebook ; Favorite Book Reader. Évidemment, tu te doutes bien que si je te recommande celle-ci, c'est qu'elle ne demande pas plus d'autorisations qu'une application de lecture d'epub n'est supposée en demander. Mieux, c'est une application gratuite, sans publicité (tu es, bien entendu, encouragé à faire un don aux développeurs si tu aimes leur application, ou à acheter la version pro de l'application qui te donne accès à des fonctionnalités supplémentaires), et des extensions sont disponibles ; tu peux ajouter par exemple une extension pour lire les PDF, les BDs...

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FBReader : autorisations et menu principal


Dans sa version initiale, l'application FBReader est déjà très complète : tu peux gérer ta bibliothèque en triant par auteur, titre, série, libellé, favoris. L'affichage de base reste sommaire, sous forme de simple liste. Mais tu peux, si tu préfères une présentation plus visuelle, ajouter soit une extension (intégrant des publicités, c'est explicitement précisé), soit en passant en premium.

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FBReader : menu des paramètres personnalisables ; les possibilités de personnalisation sont nombreuses !


Pour chaque bouquin, tu accèdes tout d'abord à une sorte de fiche récapitulative qui reprend les informations liées au fichier : la couverture, le résumé, le chemin d'accès au fichier. Si tu changes de lecture en cours de route, pas de problème, FBReader conserve un marque-page sur ton dernier point de lecture. Tu peux donc papillonner sans crainte d'un fichier à l'autre.

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FBReader : synchronisation, plugins et marques-pages


Quant aux options accessibles pendant la lecture, elles sont nombreuses. Tu peux tout d'abord, d'un simple "clic", passer du mode nuit au mode jour ; comprendre "alterner les couleurs de fond et de police" (le mode nuit se fait en blanc sur fond noir, le mode jour dans l'autre sens). Tu as, évidemment, un accès rapide via un bouton à glissière à n'importe quelle page de ton e-book - tu peux aussi utiliser la table des matières. Tu peux faire une recherche dans la page. Augmenter et diminuer la taille de police, bref, les classiques. Mais tu peux également personnaliser à peu près tout : la mise en page, les feuilles CSS (ce qui permet de gérer le style d'affichage global), les marges, les modes de défilement... Et tu peux synchroniser tes lectures - utile, par exemple, si tu passes du téléphone à une tablette par exemple (je n'ai pas testé cet aspect). Enfin, si tu es un gros fan de partage en temps réel de tes lectures, l'application intègre visiblement Twitter (non testé !). En bref, tu peux faire ce que tu veux de ton lecteur ! Pour ma part, rien qu'en personnalisant deux trois petites choses, et sans pousser le vice jusqu'à faire mes propres feuilles de style, je me plais bien sur ce lecteur (super ergonomique), qui m'accompagne depuis le décès prématuré de ma liseuse - toute entité diabolique disponible ayant son âme.

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FBReader : récapitulatif d'informations du livre, première de couverture sans Twilight, première de couverture Twilight activé



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FBReader : menu accessible pendant la lecture, lecture mode jour, lecture mode nuit



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FBReader : table des matières dépliable, interactions avec le texte, accès aux dictionnaires externes



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FBReader : options de lecture et position dans le livre



Reprenons !

Tu as un smartphone et tu lis des livres numériques ? J'ai une excellente nouvelle pour toi : tu n'as pas besoin de claquer 100 balles de plus pour les lire : ton téléphone fera parfaitement l'affaire !

N'oublie pas de le customiser avec un petit filtre matifiant, d'ajouter une application qui filtre les lumières bleues, puis d'installer FBReader ; de longues heures de lecture numérique confortable et à moindre frais t'attendent désormais !


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Et toi, lis-tu sur ton smartphone (si tu en as un) ? Qu'utilises-tu comme application(s) ? Ça m'intéresse ! :-)

Le Diable s'habille en Prada, Lauren Weisberger

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4ème de couverture

Andrea n'en revient pas : même avec ses fringues dépareillées, elle l'a décroché, ce job de rêve. La jeune femme de vingt-trois ans va enfin intégrer la rédaction de Runway, prestigieux magazine de mode new-yorkais ! Et devenir l'assistante personnelle de la rédactrice en chef, la papesse du bon goût, la dénommée Miranda Priestly. Une chance inouïe pour Andrea : des milliers d'autres filles se damneraient pour être à sa place ! Mais derrière les strass et les paillettes de cette usine à rêves se cache un enfer peuplé de talons aiguilles et de langues de vipère...

Mon avis

Comme tu le vois, je me suis offert une petite niaiserie. J'avais envie de quelque chose de léger, pour changer de mes dernières lectures, et puisque j'avais bien aimé le film, dans son genre (eh non, je ne regarde pas que du Cronenberg !), je me suis dit que j'allais tenter l'expérience. Qui plus est, j'étais à peu près sûre de pouvoir trouver ce petit divertissement facilement chez le bouquiniste. Alors facilement, je n'irais pas jusque là. Mais j'ai réussi à le trouver.

Au cas où cela ne transparaîtrait pas suffisamment au fil du blog et de mes écrits, permets moi de te faire une révélation : je ne suis absolument pas une obsédée des fringues. Pas du tout. La mode, je m'en fous (au mieux, ça me fait rire parce que je trouve souvent que c'est ridicule ; au pire, ça me fait pleurer quand je constate les dégâts de cette industrie sur le monde et la Terre), et mon apparence est loin de faire partie de mes préoccupations centrales. J'ai souvent, par le passé, essayé de me glisser dans le moule de la nana basique, avec maquillage, coiffure, et tout le tremblement. C'est pas mon truc. J'ai tout balancé et j'ai tourné la page. Ça, c'était pour poser les bases.

Maintenant, le bouquin. Comment se fait-il que j'ai eu envie de lire ça ? Justement, pour me changer un peu la perspective - et parce que, connaissant la trame générale de l'histoire via le film, je savais que lire ça, ce n'était pas me renier tout à fait. Et le changement de point de vue a été assez chic ; j'ai passé un bon moment de lecture - parce qu'à défaut d'aborder un sujet passionnant, c'est en tout cas agréablement écrit, et ça permet de réfléchir aussi sur quelques trucs -, et j'ai de nouveau envie de lire - j'avais fait une sorte d'over-dose après l'ultra-critique, et j'avais du mal à me remettre en selle. Bref, un petit bol d'air pollué qui m'a finalement fait du bien !

L'héroïne, Andrea, est un personnage plutôt sympathique ; elle se fout de la mode beaucoup moins que moi, mais c'est quand même pas LE truc de sa vie (elle, elle veut écrire). Quand elle débarque passer son entretien d'embauche au poste d'assistante personnelle, elle ignore totalement et absolument qui est la rédactrice en chef (Miranda Priestly), que le monde entier à part elle semble connaître et admirer. Malgré ce gros handicap, elle décroche le job ; ou plutôt, elle accroche sa vie sur un portemanteau, en lui promettant de la récupérer dans un an, quand elle aura purgé sa peine auprès de Miranda qui lui permettra d'obtenir n'importe quel poste n'importe où - après tout, survivre à l'enfer, ça mérite récompense. Et effectivement, durant tout le roman, on assiste à l'humiliation permanente de notre camarade Andrea, à la futilité absolue de son job, aux accès de folie de sa patronne - y a-t-il VRAIMENT des gens comme ça ? Dans la vraie vie je veux dire ? Si oui, j'espère qu'ils vivent tous à New York et qu'ils restent entre eux. Parenthèse fermée. Petit à petit, Andrea rentre dans le moule, adopte les réflexes des simili-mannequins trop maigres qu'elle fréquente au quotidien, et finit par se faire assimiler par le monde de la mode. Elle en perd son copain, sa meilleure amie, sa vie tout entière. Toute son existence se résume à Runway et à Miranda Priestly.

Ce qui est "intéressant" là-dedans, au contraire des énumérations de marques (dont je ne connaissais d'ailleurs pas la moitié) qui m'ont douloureusement rappelé les énumérations d'espèces de poisson de Jules Verne dans Vingt Mille lieues sous les mers (pardon Jules, mais vraiment, tu l'as méritée celle-là !), c'est qu'on assiste à la dégradation progressive des principes du personnage principal. Andrea refuse tout d'abord de se conformer au "dress code" de son entreprise. Puis, lassée des remarques, des regards de travers et de sa propre paranoïa, elle finit par se vêtir comme ses bourreaux (un exemple tout à fait pertinent des méfaits de la pression sociale). Tout d'abord sceptique quant à l'utilité de son job et l'importance de Miranda, elle finit par se faire l'avocat du diable et entre complètement dans la peau de l'employée modèle de Runway. Cette dégradation lente est plutôt bien menée ; plus le récit avance, plus on a envie de donner des gifles à cette pauvre fille qui perd son temps à satisfaire les moindres caprices d'une foldingue.

Ce que ce roman a de rafraîchissant, c'est qu'à moins d'avoir déjà travaillé dans le milieu de la mode - ou de l'avoir fréquenté en tout cas - on ignore à peu près tout de ce que peut être le quotidien de ces gens-là. Et c'est une sorte de nouveau monde qui s'ouvre à nous. On se pose là, comme un anthropologue qui vient de découvrir une tribu mystérieuse et qui tente de décrypter ses rites, sa hiérarchie, son organisation générale. Ce côté "nouveauté" est agréable. Moins, quand on se rappelle que cette histoire a été tirée de l'expérience personnelle de l'auteure en tant qu'assistante personnelle d'une rédactrice en chef de grand magazine de mode ; tout n'est donc pas fiction, et les fous décrits dans ces quelques 400 pages existent bel et bien !

Autre petit point positif du Diable s'habille en Prada : l'humour. Bon, il faut bien le dire, on ne parle pas là d'humour décapant, de fous rires à se relâcher les sphincter, mais c'est traité avec le minimum de détachement que réclame un tel texte. L'auteure s'en sort très bien ; on sourit, on apprécie les petites piques, mais elles ne se font pas remarquer pour autant. Ça passe tout seul ("comme papa dans maman" comme dirait l'autre ; ou papa dans papa, ça marche aussi, soyons modernes).

Enfin, il faut le souligner, c'est un récit à la première personne ; ben oui, pour un roman comme ça, la première personne, ça tombe sous le sens. Ça fait peur un peu aussi ; mais que va-t-elle faire de ce point de vue d'échassier ? Eh bien figure-toi que de la même façon que pour l'humour et la légèreté, Lauren s'en tire bien. Sa première personne est bien traitée et ne se fait pas remarquer. L'immersion dans l'océan de strass et de recourbe-cils se fait d'autant mieux, ce qui favorise l'évasion.


Conclusion

J'ai passé un bon moment de lecture avec Le Diable s'habille en Prada. Suivre la vie misérable de cette pauvre Andrea m'a remise d'aplomb ; un bon moyen de se rendre compte qu'il est important de réfléchir à ses choix, de peser les pour et les contre, et de prendre garde à ne pas laisser sa vie devenir un enfer ; parce qu'en fin de compte, la seule personne responsable de notre misère, c'est nous-même.

Si tu aimes la mode, évidemment, je ne peux que te recommander de lire ce bouquin, d'autant plus si tu as aimé le film, parce que le texte est mieux.

Si comme moi tu t'en fous, tu peux quand même lire Le Diable s'habille en Prada ; à garder de côté pour une période de déprime, de fatigue, ou d'over-dose littéraire.

Ce n'est certes pas le chef-d’œuvre du siècle, loin de là. Mais c'est un peu comme une soirée chips/pyjama devant un nanar ; on s'oublie un peu, et ça fait du bien.

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Cette critique t'a-t-elle donné envie de lire Le Diable s'habille en Prada ? L'as-tu déjà lu ? Qu'en as-tu pensé ? On t'écoute !

BookCatalogue : ta bibliothèque dans la poche

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Si comme moi tu es un-e maniaque des livres, tu as sans doute tout un tas de petites manies, plus ou moins difficiles à supporter pour ton entourage - si tu en as encore un, auquel cas ce n'est pas tout à fait critique. En ce qui me concerne, je ne supporte pas d'abîmer mes livres ; il faut que la couverture reste impeccable, lisse, comme neuve (et l'intérieur de même). Enfin, ça, c'est pour ce qui concerne les livres neufs de ma réserve - pour les livres d'occasion ou prêtés, malheureusement, il me faut subir leur état de délabrement plus ou moins avancé. Une autre de mes petites manies, assez récente celle-là, c'est de répertorier mes bouquins, de les noter, et de garder une trace des dates de lecture. Ce dada flambant neuf, c'est une super application Android qui l'a déclenché, j'ai nommé Book Catalogue !

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Book Catalogue est une application peu gourmande en autorisations et plutôt bien notée


Comme son nom l'indique, Book Catalogue te permet de cataloguer l'ensemble de ta bibliothèque - sans blague ! Tu peux le faire à la main (si tu es courageux ou que les autres modes d'ajout n'ont rien donné), en saisissant l'ISBN de l'ouvrage, ou encore en scannant le code à barres - ce qui nécessitera l'installation de l'application ZXing ou de Pic2Shop (que je te recommande, moins intrusive au niveau des droits d'utilisation). Et, que tu ajoutes via l'ISBN ou par un scan' du code-barre, l'application (qui a besoin d'une connexion à Internet au moment de l'ajout, bien sûr) recherchera dans la base Amazon, puis dans la base Goodreads (propriété d'Amazon depuis 2013), puis dans la base LibraryThing pour retrouver les infos liées au livre concerné. Une fois ces informations trouvées, ton catalogue a grossi d'une fiche, sur laquelle tu trouveras une multitude d'informations : titre, auteur, édition, couverture, description, collection... et bien d'autres choses encore.

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Les droits demandés par les deux applications de scan' de code-barre ; Pic2Shop est moins intrusive


En "mode édition", pour chaque fiche, Book Catalogue te donne accès à trois onglets :
  • l'onglet "détails" - qui comporte toutes les infos précédemment citées
  • l'onglet "notes" - qui te permet de cocher la case "lu", de donner une note à 5 étoiles, un commentaire et de renseigner la date de début de lecture et la date de fin
  • l'onglet "prêt" - qui te permet, tu l'auras deviné, de saisir le nom de la personne à qui tu l'as prêté ; cet onglet te donne également accès à l'historique des prêts pour le livre en question
La fiche en mode consultation répertorie toutes les informations ci-dessus. C'est dense, mais plutôt bien organisé, et très pratique !

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L'accueil de Book Catalogue ainsi qu'un extrait des possibilités offertes


La vue catalogue quant à elle est, de loin, la plus intéressante. Ce qui est vraiment génial avec cette application, c'est que tu peux trier tes bouquins comme tu le souhaites :

  • par titre
  • par auteur
  • par date de publication
  • par date de lecture
  • par date d'ajout au catalogue
  • par appréciation
  • par format
  • par langue
  • par genre
  • par lu et non lu
  • par auteur et année
  • etc.
Tu as un trou de mémoire sur les titres déjà lus de cet auteur ? La réponse est dans un tri par auteur. Tu veux savoir combien de livres tu as lu sur l'année ou le mois ? Un tri par date de lecture fera l'affaire. Tu as oublié combien de livres tu as déjà acheté le mois dernier ? Un tri par date d'ajout, et le tour est joué. Une recommandation à faire à un ami pour un bon bouquin ? Appelle le tri par appréciation. Et ainsi de suite.

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Différents types de classement en mode "vue catalogue"


L'administration de l'application regorge d'options de personnalisation. Pour ne citer que les plus utiles/potentiellement intéressantes, tu peux :
  • sauvegarder tes données
  • exporter tes données en csv
  • importer un fichier csv
  • synchroniser Book Catalogue avec GoodReads
  • etc. - je te laisse le bonheur de découvrir les horizons merveilleux qui s'ouvrent à toi !

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Détails d'une fiche de livre en "mode vue" et en "mode édition"


A noter enfin que les autorisations demandées par l'application sont plus que raisonnables, et tout à fait logiques compte tenu des fonctionnalités à disposition. Un bon point supplémentaire donc !

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Les fonctionnalités d'ajout de nouveau livre


Il est vrai que Book Catalogue n'est pas l'application la plus esthétique du monde ; on sent que c'est pensé pour être fonctionnel et utilisé plutôt que pour séduire - l'application est open source (tout le monde peut consulter le code source) et gratuite (elle fonctionne sur le modèle du don, qui n'a rien d'obligatoire, et n'implique pas d'avoir à supporter des publicités ; tu peux aussi acheter des livres sur Amazon depuis Book Catalogue, ce qui fera bénéficier aux développeurs de l'application d'une partie du prix d'achat). Elle n'en demeure pas moins un outil très sympa à utiliser pour tout fétichiste-brasseur de livres. En ce qui me concerne, BookCatalogue est sans aucun doute l'application que j'utilise le plus sur mon smartphone ! Je ne peux donc que te recommander son utilisation !

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Le scan' de code-barre en action, l'ajout manuel et les menus accessibles sur chaque fiche livre


PS : si tu as des questions sur le fonctionnement de l'application, voilà le lien vers la FAQ


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Alors, vas-tu toi aussi céder aux sirènes de la classification et installer BookCatalogue ? Quelles sont tes manies de lecteur ? As-tu toi aussi des applications favorites en lien avec les livres ?

Dis-nous tout en commentaire !

L'ultra critique pré-NaNoWriMo : quatre en un !

4 commentaires
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Pour changer un peu, et parce qu'avec l'approche du NaNoWriMo j'ai pensé que ça pourrait t'intéresser, ce mercredi, nous faisons d'une pierre quatre coups !

Il y a peu, dans mes #ptitBiscuits sporadiques, je te faisais part de l'envie qu'avait déclenché en moi le visionnage d'une vidéo de Samantha Bailly, qui recommandait 4 ouvrages sur l'écriture qui l'avaient aidée dans sa "carrière" d'écrivain. Elle en parlait avec tant de passion que, forcément, je n'ai pas pu résister. Les cinq minutes conséquentes au dit visionnage m'avaient vue délestée de quelques euros supplémentaires pour acquérir les ouvrages en question.

Complètement excitée à l'idée de me réconcilier avec une pratique de loisir de l'écriture (nous nous boudons mutuellement depuis quelques temps), j'ai immédiatement dévoré deux des titres (un week-end a suffi pour ça), et le troisième a gentiment suivi. Le premier de la liste de Samatha, je l'avais déjà dévoré et critiqué il y a quelques temps. Que du bonheur, donc !

Ainsi, je te propose de retrouver aujourd'hui les critiques des 4 titres recommandés par Samantha Bailly dans sa vidéo :

Écriture : Mémoires d'un métier, Stephen King
Autoportrait de l'auteur en coureur de fond, Haruki Murakami
Comme par magie, Elizabeth Gilbert
L'urgence et la patience, Jean-Philippe Toussaint


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Je serais ravie de savoir si tu les as lus, ce que tu en as pensé, si tu comptes les lire, et, surtout, si tu as d'autres livres inspirants sur le même thème à nous proposer !

Allez, sois pas timide, dis-nous tout :)