Je lis, j'écris, je bois du thé, et j'aime ça. Et toi ?

P’tit biscuit #7.2 : juillet

Bon.

Ça fait très exactement je ne sais pas combien de temps qu’il est posé, à l’horizontal, sur mon étagère, et qu’il me nargue. Forcément, il me regarde de travers.

Il me toise, goguenard, avec son épaisseur et ses feuillets si fins, si fins, si fins !

Il me dit des mots sales. Il me promet des indigestions. Des cauchemars. Des maux de tête. Des envies de meurtres. De feu, oh oui, de lancer dans la cheminée, de le lancer, lui, dans la cheminée, de l’y lancer avec toute la violence de la défaite, toute l’amertume de l’arrogance déçue, humiliée, violée.

Je suis déterminée à le commencer, à l’ouvrir, le parcourir, m’imprégner. Je vais gonfler de ses mots, flotter – non, surtout pas me noyer ; je vaincrais – les vomir peut-être ? Probablement. Statistiquement plus-que-possible. Voire absolument certain.

Je vais le lire et le haïr. Pourrais-je aussi caresser le fol espoir de l’aimer ? Je le caresse, oui, petit volatile fragile et doux. Et tout ébouriffé. On a envie d’y plonger le nez. De le prendre à plein bras et le câliner, avec le sourire tellement grand qu’il se touche derrière le crâne. Ronronner.

Je repousse. Encore. Toujours. Je ne sens jamais venir le moment. Et peut-être qu’il ne viendra pas, si je ne le traîne pas derrière moi, si je ne lui donne pas l’élan, si je ne lui fais pas comprendre que j’ai pas que ça à faire d’attendre qu’il soit prêt non mais ça va cinq minutes de faire la princesse à la fin zut !

Bon.

Et après ? Après, après ! Après, je pourrais lire les deux tomes suivant de Vernon Subutex. Ce sera ma récompense. La déprime dite par le texte, plutôt que la déprime par le texte. Une belle récompense, si tu veux mon avis.

Pourquoi avais-je décidé que je le lirais ? Je ne me souviens pas. N’est-ce pas Duras qui parlait de lui dans ce fabuleux reportage, le siècle de Duras ? Elle parlait de Michelet. Ça j’en suis sûre.

En juillet, j’ai prévu de lire À la recherche du temps perdu. De Proust. L’intégrale. Je viens de décider que je l’avais prévu et que je ferais ça en juillet. Au début, enfin, la dernière fois que j’y avais pensé, j’avais pensé faire ça en juin. Juin, c’est passé. Presque. Alors j’ai plus le temps. Donc, ce sera en juillet.

Ça me paraît bien, un mois d’espace temps. Pour lire ça. Ce truc qui me brûle déjà avant même d’y avoir touché.

Je mets les lectures en cours de côté. De toute façon, ça fait déjà plusieurs livres que je les mets de côté. Alors un de plus. Entre deux pages d’autre chose.

Je vais lire À la recherche du temps perdu de Proust, en juillet.

Je me dis que faire une série de p’tits biscuits dédiée peut être une bonne idée. Je pourrais te raconter. Petit à petit. Qui de lui ou moi gagne. C’est rigolo comme idée. Ça me plaît.

En juillet, je te raconte comment je lis À la recherche du temps perdu de Proust. Comment je survis.

Bon.

Bien.

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2 Commentaires

  1. éric 29 juin 2017

    Je salue cette préparation mentale digne d’un athlète de haut niveau avant qu’il ne tente de battre un record. 🙂

    Perso, j’ai renoncé à le lire dune traite : je profite honteusement de mon grand âge pour me dire que je n’ai plus assez de temps ! 😀

    Du coup, je papillonne dedans quand j’en touve un exemplaire dans une bibliothèque. Et je ne m’en lasse pas !

    Bonne recherche ! 🙂

    • Ace Tea 29 juin 2017 — Post Author

      J’aurais bien tenté la préparation à un marathon, mais j’avoue que la perspective de « courir » dans mon fauteuil me tente plus sur ce coup…

      J’espère très sincèrement ne pas ressentir non plus de lassitude à cette lecture. On en reparle dans quelques jours ! ^^

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