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Épidémies, aliens et abordages – En vrac : mes dernières lectures

Il semblerait que je ne sois pas en mesure de rédiger une critique séparée pour chacune de mes dernières lectures. Pas que je n’en aie pas le temps. C’est plutôt l’envie qui me manque. Cela dit, pour que tu ne sois pas en reste et afin que tu puisses bénéficier d’un avis sur les lectures en question, je m’en vais te faire un petit billet rapide (que j’aurais quand même mis trois semaines à poster !).

Extrait couverture Toxic saison 1 : texte "Toxic" sur fond jaune

Toxic [Intégrale Saison 1], Stéphane Desienne

4ème de couverture

La race humaine tente vaille que vaille de survivre au sein de poches de résistance dispersées. La Terre n’est plus qu’un vaste champ de ruines aux ressources de plus en plus rares. Pour en arriver à un tel cauchemar, notre monde aura dû affronter deux fléaux: un virus inconnu et dévastateur a d’abord décimé la population — la transformant en hordes de zombies — puis débarquèrent des étoiles ceux qui auraient pu être les sauveurs : une armada extra-terrestre. Hélas, pour ces aliens, les hommes ne sont que du bétail dont la chair est un mets des plus appréciés outre-espace… à condition qu’ils ne soient pas contaminés! Car transformés en morts-vivants, les humains n’ont plus aucune valeur. Depuis son Q.G. de Dubaï, Naakrit dirige les opérations qui feront de lui un alien riche : collecter des humains sains et en gérer l’exportation pour ses clients. Mais avant d’amasser sa fortune, il devra composer avec deux problèmes épineux: Jave, un émissaire venu surveiller son activité, et la prolifération du virus zombie qui menace ses capacités d’approvisionnement. Pendant ce temps, un groupe d’humains cherche à échapper aux zombies et aux extraterrestres. Bien malgré elle, Elaine, une infirmière au caractère bien trempée, endosse le rôle de meneur. Autour d’elle, des hommes et des femmes perdus dans un monde sans repère: Masters est un colonel de l’armée US, Alva une ex-starlette. Bruce est étudiant en biologie, et Hector un ancien dealer colombien tout juste sorti de prison. Et puis, il y a Dew. Un adolescent muet — peut-être autiste — dont personne ne sait rien. Tous sont bien décidés à reprendre le destin de leur planète en mains. Mais quel espoir peut bien guider ceux qui survivent au milieu de cet enfer ?

Mon avis

Lue sur mon smartphone, cette première (sur deux) saison de Toxic est plutôt sympa : la couverture claque, et le pitch promet une revisite du thème de l’invasion zombie. Cette fois-ci, l’humanité est réellement mal barrée, puisqu’en plus de sa population qui se désagrège en loques (encore plus) assoiffées de sang, des aliens viennent faire leur marché d’épicerie fine parmi les humains sains. Les chapitres alternent le point de vue d’un groupe de survivants, et le point de vue « des aliens ». Le récit est très dynamique et notre ami Stéphane joue plutôt bien du « cliffhanger ». En outre, les événements sont parfois inattendus, souvent surprenants dans leur déroulement. Bref, on n’a pas le temps de s’ennuyer !

J’ai malgré tout noté plusieurs points qui m’ont pas mal chagrinée.

  • il y a pas mal de coquilles. Je n’avais lu chez Walrus que Zombie Kebab, pour lequel je n’ai pas souvenir de m’être fait une telle remarque. Alors, c’est vrai, l’intégrale de la première saison de Toxic, ça fait un gros paquet de mots, et ça arrive de laisser filtrer de petites erreurs. Mais là, ça a été suffisamment fréquent (pas toutes les pages non plus hein) pour que j’en vienne à le noter ici.
  • l’action concernant le groupe de survivants se passe aux États-Unis. Et franchement, j’en ai ras-le-bol de cette manie de tout faire se produire aux États-Unis, comme si le cinéma américain qui nous abreuve en permanence de ses déchets audiovisuels n’était pas déjà suffisamment auto-centré, il faut encore que le reste du monde en fasse de même ! Pourtant, comme en témoigne la nouvelle bonus de fin d’intégrale, Stéphane est capable de nous pondre des histoires de zombie « bien de chez nous » – ne va pas croire que je suis chauvine ; mais l’originalité d’un récit et le plaisir qu’on prend à le découvrir tient AUSSI au lieu dans lequel le décor est planté. Note que le récit côté aliens est plutôt focalisé sur l’Afrique (ça, c’est chouette), mais bon. Y’a quand même les States dans l’équation.
  • c’est peut-être une volonté de l’auteur, mais le personnage « principal » du groupe de survivants, Elaine, est (pour moi) insupportable. Ce personnage, de mon point de vue, c’est la quintessence de ce qui rend un personnage féminin cliché : fille d’un militaire qui a tout sacrifié à son boulot, la nana sait « tout faire » (utiliser un flingue, piloter un hors-bord…), elle est infirmière (donc, forcément, elle veut sauver tout le monde. Ce qui amène à des situations inconcevables dans la vraie vie réelle, où elle met en danger tout le monde juste pour satisfaire ses pulsions de Wonder Woman), et, bien entendu, comme toute femme de bien dans un récit de fin du monde, elle se laisse très volontiers aller à ses moments maman-poule. Eh oui, Elaine, c’est une vraie Américaine gentille ! Personnellement, les personnages qui ont tellement envie de sauver tout le monde que ça les rend stupides, ça m’agace (parce que, très sincèrement, en vrai, ça ferait longtemps qu’elle se serait pris une balle dans la nuque pour avoir mis les autres en danger), et les moments maman-poule qui sont laissés à l’exclusivité d’une femme, ça me gonfle pas mal aussi. Pourquoi ne pas donner ce rôle à un homme, pour changer ?

À propos de la nouvelle bonus, Monaztère

La nouvelle de fin était plutôt chouette. J’ai vraiment aimé le réalisme avec lequel l’ambiance/les conditions de vie des survivants était dépeinte (clin d’œil au passage aux toilettes du début – un passage indispensable, et aussi génial que Nicole Kidman sur le trône dans Eyes Wide Shut !), la dynamique de groupe bien établie, la complicité entre les personnages, et le fait que ça se passe en France. Stéphane a vraiment réussi à faire quelque chose de super là-dessus. Deux choses m’ont agacée toutefois :

  • le postulat de départ de l’histoire ne tient, à mon sens, pas la route (c’est le cas de le dire) ; quand tu vis dans un monde infesté de zombies, tu ne mets pas ton camion dans le fossé pour éviter ce que tu prends pour un gamin debout au milieu de la route. Tu lui roules dessus, parce que tu n’as aucune certitude, et que tu as envie de vivre.
  • l’héroïne, Samira, a le syndrome d’Elaine : la Wonder Woman qui veut sauver tout le monde, même l’ado brise-noix à cause duquel tous ses amis sont morts. Dommage, parce qu’en dehors de ça, le personnage est vraiment très réussi, très vivant. Bref, là-dessus, j’ai été déçue.

Bon, je taille un costard à Stéphane dans mes points noirs, c’est vrai, mais il n’en reste pas moins qu’il ne s’agit que de mon avis – ce n’est donc pas, cher enfant, une vérité universelle ! – et que j’ai malgré tout passé un bon moment de lecture. Il fallait seulement que j’extériorise tout ça – on sait jamais, ça pourrait servir à quelqu’un.
Sam, de son côté, a tellement adoré la saison 1 qu’il a dare-dare acheté toute la saison 2, qu’il a dévorée en quelques jours.

En bref, tu peux ajouter Toxic dans ta liste de lectures sans sourciller ; c’est une lecture-détente sympa pour qui aime les zombies, les aliens et la fin du monde.

Extrait de couverture de Tortuga de Valerio Evangelisti : titre "Tortuga" sur fond bleu

Tortuga, Valerio Evangelisti

4ème de couverture

En 1685, les jours des pirates regroupés dans la confréfie des Frères de la Côte, aux ordres du roi de France, sont comptés. Louis XIV a fait la paix avec son traditionnel ennemi, l’Espagne, et les attaques des flibustiers des Caraïbes à partir de l’île de la Tortue ne sont plus les bienvenues.

C’est dans ce contexte qu’un ancien jésuite portugais au passé mystérieux, Rogério de Campos, va faire le dur apprentissage de la vie. Sa passion pour une esclave africaine l’entraînera dans une véritable descente aux enfers, au contact d’une société dont il découvrira, non sans une certaine fascination, la barbarie et les codes rigides.

Véritable roman d’aventures bruissant du fracas des abordages et des batailles, Tortuga, dans une tentative pleinement réussie de « déboulonnage » d’un mythe romantique si complaisamment exploité au cinéma comme en littérature, restitue la noirceur de l’âme pirate.

Mon avis

J’ai mis quasiment trois mois à terminer ce bouquin. J’avais eu envie de le lire après visionnage de la vidéo de Guimause qui en parlait. Je ne sais pas si je l’ai commencé dans de mauvaises dispositions, en tout cas je n’ai pas accroché.

Tout au long du récit, on suit un ancien Jésuite reconverti en pirate « par la force des choses », ce qui nous donne l’occasion de découvrir de l’intérieur les mœurs de la flibuste. De ce point de vue là, Valerio a fait un travail admirable : on s’immerge sans mal dans l’état d’esprit et la vie de pirate.

Par contre, le style d’écriture m’a semblé tout sauf porteur, presque scolaire. Je me suis permis de supposer qu’il s’agissait des conséquences naturelles de la rédaction d’essais historiques, dont était visiblement coutumier Valerio avant de passer à la littérature fantastique. Comprends-moi bien : ce n’est pas mal écrit, mais ce n’est pas dynamique, c’est mou.

Il m’a semblé, en finissant ce livre, que le personnage de Rogerio (personnage principal) et l’histoire n’étaient en fait qu’un prétexte à écrire sur les pirates. Rogerio est assez dépourvu de substance, et l’histoire… Finalement, je ne sais pas trop s’il y en a une ou pas.

Si tu es fan de pirates, ou que la flibuste t’intéresse d’un point de vue historique, lance-toi donc dans Tortuga. Si tu ne fais partie d’aucune de ces catégories, passe ton chemin – sauf si tu as l’occasion de te le faire prêter, c’est toujours enrichissant.

Extrait de couverture de Spores !, d'Olivier Saraja : orbites de crâne humain sur fond de marécage

Spores !, Olivier Saraja

4ème de couverture

La civilisation s’est effondrée. Pieter et sa fille Enora tentent de survivre dans un monde envahi par une espèce de mousse très invasive, dont les spores représentent un danger mortel. L’irruption d’une femme dans leur vie bouleversera leur quotidien. Vers quel avenir les entraînera-t-elle?

Entre drame humain et fable écologiste, Spores! amène le lecteur dans un monde silencieux et oppressant, sis aux limites de la folie humaine. Pour public averti.

Mon avis

Ça faisait un moment que je l’avais dans les cartons et qu’il fallait que je lise cette nouvelle d’Olivier ; j’ai profité d’une insomnie pour remédier à mes manquements de lectrice.

L’univers de la nouvelle Spores ! est très sombre, très glauque, et dépeint avec force réalisme (je n’ai eu aucun mal à imaginer les paysages) – d’ailleurs, la couverture est vraiment bien conçue.
Les personnages sont bien ficelés, bien travaillés, cohérents.
L’intrigue, quant à elle, m’a plutôt emballée, sans parler de la fin brutale, une nouvelle comme je les aime !

Étant donné que Spores ! est un texte assez court, difficile de vraiment en parler sans tout gâcher. Sache, en tout cas, que cette nouvelle vaut la peine d’être lue !

Plus d’Olivier Saraja :

L’appétit des ombresZombie KebabSanctum Corpus

En résumé

À lire :

  • Spores !, d’Olivier Saraja, qui est une bonne nouvelle
  • Toxic, de Stéphane Desienne, qui fait une bonne lecture détente.

Éventuellement :

Tortuga, de Valerio Evangelisti, si tu aimes la flibuste ou si tu peux l’emprunter, à l’occasion.

 

Et toi, que vas-tu ajouter à ta liste de lectures ? As-tu déjà lu certains de ces textes ? Qu’en as-tu pensé ?

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