Je lis, j'écris, je bois du thé, et j'aime ça. Et toi ?

Vernon Subutex vainqueur par K.O

J’avais sans aucun doute déjà lu le nom de Vernon Subutex quelque part avant qu’on m’en parle, il y a peu. Parce que ça me disait quelque chose. Le « ça me dit quelque chose » n’est toutefois pas suffisant pour que je me penche systématiquement sur la question. J’avais trouvé le nom rigolo, ça s’était arrêté là.

Le vrai déclic s’est produit lorsque j’ai regardé la vidéo « Pas féminine » de Solange te parle (que je te recommande ardemment, d’autant plus si tu t’apparentes à ce que à quoi l’on accole le qualificatif « féminin »). A 3’30, Solange dit « regarde Virginie Despentes. Elle disait elle-même que pour devenir Virginie Despentes, elle sentait qu’elle devait renoncer au désir des hommes », le tout sur fond de photo de Virginie (cf en dessous).

Cette photo, cette phrase, l’émotion suscitée par la vidéo (je suis très réceptive aux émotions véhiculées par les vidéos de Solange, ça me bouleverse souvent, mais là n’est pas le sujet), je me suis ruée sur mon moteur de recherche pour en apprendre plus sur Virginie Despentes. J’ai parcouru sa bibli’, et pof, Vernon Subutex tome 1 était en chemin pour me rejoindre.

Portrait noir et blanc de Virginie Despentes

Virginie Despentes

4ème de couverture

Qui est Vernon Subutex ?
Une légende urbaine.
Un ange déchu.
Un disparu qui ne cesse de ressurgir.
Le détenteur d’un secret.
Le dernier témoin d’un monde révolu.
L’ultime visage de notre comédie inhumaine.
Notre fantôme à tous.

Ce que j’en pense

Toute tentative de critique de ce roman me semble presque une insulte au texte ; je ne vois pas comment je pourrais lui faire honneur.

Si tu as suivi mes p’tits biscuits dernièrement, tu as vu que je n’ai pas pu m’empêcher de commenter la lecture en cours. J’ai été époustouflée. Stupéfiée. Réellement.

Je n’avais encore jamais rien lu de Virginie Despentes, je ne connaissais pas sa réputation. Me lancer dans cette lecture, c’était faire un saut à l’élastique, sans l’élastique. Je me suis écrasée en bas.

Le style d’abord, le style. Ça roule comme un grondement de tonnerre. Ça t’emporte comme une lame de fond. Ça t’écorche. Ça te brûle. C’est fluide, vivant, brut. Ça brûle et ça glace en même temps. Ça sent l’artiste qui a trouvé sa voix. Et c’est un délice de se faire malmener par cette prose sans concession, qui ne ménage pas les personnages, et encore moins le lecteur.

Cette écriture m’a tout aussi chamboulée que la découverte de celle de Duras. C’est incomparable, bien sûr. Ça sonne malgré tout comme une sorte de révélation. Une nouvelle porte vient de s’ouvrir.

Pour résumer l’histoire, c’est celle de Vernon Subutex, un quinquagénaire, ancien disquaire, en galère. Quand on le récupère, sa disgrâce sociale a déjà de beaux jours derrière elle. On lit sa débâcle, cette lente agonie qui l’amène au début du récit. Et c’est avec sa chute libre, l’ultime chute, que tout commence : il se fait mettre à la rue par un huissier.

Tout au long du roman, on rencontre des personnages liés à Vernon, d’une façon ou d’une autre. Sur chacun, on obtient un historique, un portrait psychologique au travers de leurs pensées et de leurs actes. On assiste à leur rencontre avec Vernon pendant sa descente aux « enfers ».

Il y a un fond de thriller dans ce roman. Mais ce n’est pas ça qui compte. Ce n’est pas ça qui est important. Ce n’est pas ça qui empêche de lâcher le livre. C’est le réalisme avec lequel chaque personnage, chaque profil est retranscrit. C’est cette impression de voir se dérouler sous ses yeux, dans son salon, des scènes de la vie réelle. Cette sensation d’avoir vu se jouer l’histoire de ce bouquin des milliers de fois dans sa vie.

On a croisé ces gens. On les a vus dans leurs galères. Dans leurs contradictions. On ne les a pas toujours compris. Et la magie, là, dans le texte, c’est que ces gens qui semblaient tout à fait dépourvus de logique, de cohérence, on finit par les comprendre. On se sent avec eux. On se sent dans leur peau. On découvre leur vie (merdique en général) avec leurs yeux.

Je crois que ce qui me souffle le plus dans ce tome 1 de Vernon Subutex, c’est cette diversité incroyable de profils que Virginie Despentes nous dépeint avec une telle acuité. Une telle justesse. C’est ainsi que j’ai ressenti chacun des portraits : juste, vrai. Elle n’a pas menti, je le sais. Comment voit-elle tout ce qui nous échappe ? Comment sait-elle tout ce qui se joue derrière la violence, la haine, la frustration ? Comment comprend-elle si clairement ?

J’en reste, encore maintenant, sur le cul.

Conclusion

J’ai mis environ 48h à lire le tome 1 de Vernon Subutex. Impossible de le lâcher. Je me suis pris une baigne. Avec chevalière sur chaque doigt, s’il-vous-plaît. Je me suis retrouvée la tête dans la bassine. Il fallait que je voie, que je lise, que je sache. Et que j’admette.

C’est un portrait incroyablement précis de notre monde.

C’est une lecture nécessaire.

As-tu lu le tome 1 de Vernon Subutex par Virginie Despentes  ? Comptes-tu le lire ? Raconte !

Next Post

Previous Post

Laisser un commentaire

© 2017 Tales of tea

Mentions légales